La loi du 14 avril 1954, consacrant le dernier dimanche d’avril au souvenir des victimes de la déportation et morts dans les camps de concentration du IIIème Reich au cours de la guerre 1939-1945, adoptée à l’unanimité par le Parlement, a fait du troisième dimanche d’avril une journée de célébration nationale.
Ce matin, j’ai participé pour la première fois en tant qu'élu à cette journée du souvenir de la déportation. Ce fut pour moi un moment d’émotion et de souvenir. Peu de gens le savent, mais je suis passionné par l'histoire de la seconde guerre mondiale. J'ai lu pas mal d'ouvrages et visionnés nombre de documentaires sur la période qui va de la Grande guerre à la guerre froide. Au sein de cette période qui couvre quasiement tout le XXème siècle, la période qui s'ouvre avec l'accession d'Hitler à la tête de l'Allemagne le 30 janvier 1933 à la chute de Berlin en mai 1945 est tout autant tragique que passionnante.
Passionnante,car rarement dans l'histoire de l'humanité, autant d"événements décisifs et lourds de conséquencespour nottre civilisation, se dérouleront dans un laps de temps aussi court. Et puis par son caractère mondiale, la guerre de 39/45 a été quasiment le seul événement historique d'origine humaine dont les conséquences se feront sentir sur le 5 continents.
Tragique car rarement dans son histoire, l'humanité aura été aussi loin dans la dégradation d'elle-même. Bien sûr l'histoire est remplie de tragédies, de massacres, de meurtres, de violences et de guerres. Mais Hitler surgit au coeur du XXème siècle. A un moment où les contemporains crurent que la civilisation occidentale avait démontré son excellente, voire pour certains sa supériorité grâce à son niveau de culture, de développement.
C'est dans ce contexte que la barbarie renaît au coeur de l'Europe. Le mal a l'état pur, mais avec les moyens d'un Etat puissant et moderne. Cette puissance et cette modernité, elles seront mises au service d'une énergie démoniaque : celle d'adolf Hitler. C'est ainsi que les alliés découvriront en 1945 qu'ils n'étaient pas seulement en guerre contre un gouvernement belliqueux et agressifs. Ils combattaient en réamité pour la survie de l'humanité et l'idée même de civilisation.
La découverte des camps de la mort en 1945 est un choc si violent que l'opinion publique d'alors peine à le croire. En témoigne l'incapacité des sociétés européennes à accueillir correctement les survivants de la Shoah. Pour tout cela, le 27 avril est une date de commémoration importante. Elle rappelle le haut niveau de cruauté dont l'homme est capable. Elle demande pardon à celles et ceux qui, sortis des camps, rencontrèrent trop souvent indifférence et gêne. Elle rappelle que le combat contre l’obscurantisme est toujours d’actualité.
Et plus encore en France, dans une société éclatée, tiraillée, affaiblie, où cette facilité intellectuelle que représentent toutes les formes de rejet de l’autre – antisémitisme, racisme, xénophobie – se nourrit du terreau de la frustration et de la bêtise. Certains, au nom d'une communatarisme, d'un intégrisme, d'un racisme, d'un sectarisme ou tout simplement par ignorance, nous invite à entrer dans une évaluation ou une comparaison macabre entre les souffrances des uns et des autres.
Je réponds que nous devons avoir les yeux ouverts sur toutes les discriminations, toutes les formes de racisme, d'antisémitisme ou d'islamophobie. Tout cela est et doit être condamné. En ce qui me concerne, je ne conçois l'Humanité que comme une seule et même famille, dont la finalité doit être l'émancipation de chacun de ses membres.
Les commentaires récents