Le berger a répondu à la bergère. Nicolas Sarkozy, fidèle à lui-même, a tenté de surfer sur une campagne de presse évoquant la dégradation continue des conditions de transports sur la ligne A du RER. Il a annoncé que la RATP (au sein laquelle l’Etat est actionnaire majoritaire) pourrait investir 200 à 300 millions d’euros en faveur de cette ligne. Coup de com ou réelle inflexion politique ?
La réponse de Jean-Paul Huchon n’a pas tardé. Il estime lui que c’est un plan d’investissement de 17 milliards sur 10 ans qui est nécessaire pour améliorer les transports publics en Ile-de-France. Car il n’y a pas que les voyageurs de la ligne A qui souffrent. Que dire de la ligne 13 de métro ? Et des trains de banlieue en retard quand ils ne sont pas tout simplement annulés.
Reconnaissons que la crise des transports en Ile-de-France ne date pas d’aujourd’hui. La région et son Président président le STIF (syndicat responsable de l’organisation les transports publics) depuis 2004 seulement. Cette crise résulte de choix qui ont été fait dans le passé et dont nous payons aujourd’hui les conséquences économiques et environnementales.
Car il y a eu un sous-investissement chronique en transports publics ces 20 dernières années. Le tout-voiture, la priorité donnée aux investissements routiers et auto-routiers par l’Etat, ont mis nos concitoyens en situation d’« l’auto-dépendance ». La voiture est de loin le premier mode de déplacement, avec plus de 80% des parts de marchés. Les conséquences de ce choix des décideurs politiques sont doublement catastrophiques.
Que se passe-t-il aujourd’hui ? Le pétrole, dont on sait depuis bien longtemps qu’il est une ressource non-renouvelable, devient de plus en plus cher. Le prix du baril a doublé entre 2007 et 2008. A court terme, l’impact sur le pouvoir d’achat devient de plus en plus insupportable au sens économique et social du terme. Mais c’est il faut avoir le courage de le dire, nous sommes entrés dans l’ère de l’énergie chère. Le temps de l’énergie à bas prix est derrière nous et il faut ajuster les choix politiques à cette nouvelle donne, faute de quoi nous irons de catastrophes en désillusions…
Si l’on ajoute à cela, ce que chacun ne peut plus ignorer, à savoir les conséquences environnementales du transport routier, que ce soit dans l’augmentation des pollutions ou sur le réchauffement climatique, la boucle est bouclée.
Nos concitoyens sont donc tentés de sortir de cette « auto-dépendance ». Mais ils se trouvent alors confrontés à « l’aventure » des transports publics. Car, les infrastructures ne sont pas à la hauteur de cet enjeu de civilisation qu’est devenu le transport et la mobilité durable dans notre société.
Que faire ?
D’abord, pour être crédible, Nicolas Sarkozy et son fils doivent abandonner leur lubie neuilléenne qui consiste à dépenser 1 milliards d’euros pour couvrir la RN 13 au seul profit d’une minorité d’habitants. Ce milliard doit servir à financer des tramways, des bus ou à changer le matériel roulant Le Président de la République doit ensuite demander au gouvernement de réorienter tous les crédits d’investissement en faveur du transport public.
Ensuite, les collectivités locales doivent prendre leur responsabilité. Elles doivent mettre en place des plans d’investissement dans les transports, comme l’a proposé Jean-Paul Huchon. A Colombes nous ne pouvons agir seul. La commune est un espace trop restreint pour les investissements nécessaires dans des infrastructures lourdes. Colombes doit s’associer avec les communes voisines et obtenir ainsi des financements pour la prolongation du T1, qui n’entre pas à ce jour dans les priorités de la Région actuellement. Nous devons nous battre pour attirer dans la boucle nord des Hauts-de-Seine, les investissements dont nous avons besoin. Sur le territoire communal, nous pouvons agir pour demander l’amélioration de la fréquence des bus à la RATP et la rénovation des gares à l’image de ce qui va se passer pour la gare du centre à la SNCF. Et surtout, il faut développer des actions nouvelles en faveur des modes de déplacements alternatifs à la voiture. C’est le chantier qui nous attend dans les prochaines années.
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