Nicolas Sarkozy : un président VRP qui défend les droits des dictateurs
"Je suis dans le camp des amis de la Tunisie". En présentant la Tunisie comme le poste avancé de la civilisation et de la liberté dans le monde arabo-musulman, en décernant à ce pays un brevet de bonne conduite sur les Droits de l'Homme, Nicolas Sarkozy inflige un sévère dementi à ses propres propos de campagne.
Rappelez-vous ce 14 janvier 2007 : "Je veux être le Président de la France des droits de l’homme. Chaque fois qu’une femme est martyrisée dans le monde, la France doit se porter à ses côtés (...)Le silence est complice. Je ne veux être le complice d'aucune dictature à travers le monde. (...) Je ne crois pas à la « realpolitik » qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats."
Ainsi parlait le candidat Sarkozy et il avait raison. Pourquoi fait-il exactement le contraire ?
Etait-il obligé de dérouler tapis rouge au sinistre colonel Khadafi ?
Etait-il obligé d'encenser le président de la Tunisie, Ben Ali, surnommé "Ben-à-vie" par l'opposition ?
Et Rama Yade, qui annule à la dernière minute un rendez-vous avec une association de femmes démocrates tunisiennes. Où est le courage politique, où est l'honneur de la France ?
Le monde a t-il a ce point changé en une année qu'il faille que la France s'agenouille désormais devant toutes les dictatures de la planète ?
La dialectique de Nicolas Sarkozy, présentant toutes les dictatures du monde "arabo-musulman" comme le seul rempart contre les intégristes, comme étant la seule alternative aux talibans, est tragique. Finalement, cela revient à dire que celles et ceux qui se battent pour la liberté d'opinion, pour la liberté d'expression, pour le respect des droits fondamentaux et pour un régime démocratique dans leurs pays, sont des alliés des extremistes religieux...
Cette dialectique place Nicolas Sarkozy en position de complice de la torture, de la repression et de toutes les interdictions du "monde arabo-musulman".
Plus grave, cette grille d'analyse offre une vision négative du monde "arabo-musulman", puisque les pays du Maghreb ou du Machrek n'auraient le choix qu'entre le pire des régimes ou le moins pire. Cela rappelle le discours de Dakar avec l'envolée de Sarkozy sur l'homme africain, condamné au sous-développement. L'homme maghrébin est lui condamné à subir des dictatures.
En fait, étape après étape, nous découvrons que le Président n'est pas seulement un VRP du commerce extérieur français. Il est également le premier défenseur des droits des dictateurs à réprimer, à torturer et à emprisonner.
C'est pourquoi, pour les choses soient plus claires pour tout le monde, je propose de changer la dénomination du secrétariat d'état aux droits de l'homme en secrétariat d'état aux droits des dictateurs.
Nicolas Sarkozy loue encore Ben Ali sur les droits de l'homme
TUNIS (Reuters) - Le président Nicolas Sarkozy a de nouveau décerné un brevet de bonne conduite au président tunisien Zine el Abidine Ben Ali, malgré les protestations des défenseurs des droits de l'homme.![]()
"Quel pays peut s'enorgueillir d'avoir autant avancé en un demi-siècle sur la voie du progrès, sur la voie de la tolérance et sur la voie de la raison ?" a-t-il déclaré.
"C'est le grand mérite du président Ben Ali d'avoir continué sur cette voie sans se laisser décourager par les obstacles de toute sortes (...), sans se laisser intimider par le fondamentalisme qui est notre ennemi commun, sans se laisser intimider par l'obscurantisme, par les fanatiques et le fanatisme qui rêvent d'un retour en arrière", a-t-il ajouté.
"Alors tout n'est pas parfait en Tunisie, certes, tout n'est pas parfait en France non plus, certes également", a poursuivi Nicolas Sarkozy. "Beaucoup de choses restent à accomplir, c'est certain, beaucoup de choses restent à améliorer, c'est certain, et ce n'est pas faire preuve de faiblesse que de le dire. Quand on est fort, on regarde la situation avec lucidité."
A Paris, le socialiste Pierre Moscovici a interpellé la droite sur la "complaisance" du président de la République à l'égard du régime tunisien lors de la séance de questions d'actualité à l'Assemblée.
"C'est une contrevérité absolue que de prétendre" que l'espace de liberté progresse en Tunisie, a déclaré le député du Doubs, citant la phrase prononcée lundi soir par Nicolas Sarkozy.
La visite "consternante" de Mouammar Kadhafi à Paris, les félicitations adressées par le chef de l'Etat à Vladimir Poutine et les "très molles protestations" face aux violations des droits de l'homme en Chine sont autant de preuve que Nicolas Sarkozy a renoncé à ses promesses de campagne présidentielle sur la politique étrangère, a-t-il estimé.
"LA TUNISIE N'EST PAS LA CORÉE DU NORD!"
"Il n'y plus de tâtonnements, il n'y a plus d'erreur de début de mandat. Il y a une démarche volontaire, délibérée, consentie en tout cas d'ignorer superbement la question des droits de l'homme", a accusé Pierre Moscovici.
"La Tunisie n'est pas la Corée du Nord", a répliqué le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet.
"Nous n'avons jamais caché que la France souhaitait qu'une évolution politique accompagne maintenant les succès du développement économique et social" en Tunisie, a-t-il fait valoir.
"Cette ouverture, c'est aux Tunisiens eux-mêmes d'en fixer le rythme, le contenu, les modalités mais elle est aujourd'hui indispensable et possible", a-t-il poursuivi dénonçant ceux qui s'érigent "en donneurs de leçons".
Les organisations de défense des droits de l'homme accusent régulièrement le pouvoir tunisien d'atteintes aux libertés fondamentales sous le couvert de la lutte contre le terrorisme et contre l'extrémisme religieux.
Elles se sont dites déçues par les déclarations du président français pendant sa visite d'Etat, dont elles attendaient un discours plus offensif sur la question des droits de l'homme.
Les défenseurs tunisiens des droits de l'Homme accusent notamment Nicolas Sarkozy d'avoir donné la priorité aux relations économiques entre la France et la Tunisie.
"Je suis dans le camp des amis de la Tunisie parce ce qui se joue ici est plus important que la Tunisie, est plus important que la France. C'est l'ouverture d'esprit, la tolérance, la foi et la raison", leur a répondu mercredi le président français.
"Et je voudrais que chacun, à chaque fois qu'il regarde la Tunisie et qu'il la juge, car la Tunisie doit acceptée d'être jugée également, garde toujours présente à l'esprit l'importance de ce qui se joue ici."
Emmanuel Jarry

Mr Bachelay, je reprends vos propos:"C'est pourquoi, pour les choses soient plus claires pour tout le monde, je propose de changer la dénomination du secrétariat d'état aux droits de l'homme en secrétariat d'état aux droits des dictateurs." pour vous dire que la limite a été franchie.Vous êtes un élu de la République qui ne doit pas profiter de sa position pour fustiger avec legerté les stratégie de la diplomatie française. Oui, "les droits de l'homme" ne sont pas un monopole de la gauche.Le monde doit entendre cette idée, il nous revient pas de l'imposer, diplomatie oblige. Je ne cherche pas à défendre Mme Yade dont le travail est difficile. Napoléon est allé , en son temps, diffuser nos chères idées de 1789. Le fusil à la main et le code civil de l'autre. Le souvenir de Bonaparte dans ces régions est celui d'un dictateur. Personne ne retient sa volonté de moderniser l'Europe et de libérer les peuple , qui pour certains subissaient encore le servage,on a encore une image négative.
Défendre les droits de l'homme est un utopique projet qui a le mérite d'éxister. L'éfficacité, c'est tout autre chose et je partage votre analyse sur les "courbettes " face à ce que vous qualifiez de dictature.
Pour autant, je ne vous éstime pas assez "bête" pour croire que le régime de mr Ben Ali, et il en va de même pour tout le Maghreb,est pire que les mouvements islamistes qui remporteraient les élections si elles étaient organisées de façon démocratique.
Je suis d'origine algérienne et je sais que le coup d'état des militaire en 1988 a permis de stopper le FIS( Front Islamique du Salut) qui était en passe de prendre le pouvoir LEGALEMENT.
Les limites de la démocratie ne se borgnent pas à des jugements tels que vous les porter , avec la légèrté d'un notable vivant dans une démocratie de deux siècles. C'est aussi simple que defaire un choix entre la "peste et le choléra".
Si Hitler est parvenu à commettre le pire, c'est bien à cause de la faiblesse de nos démocraties en 1938, accord de Munich.
Au niveau local,vous avez pourtant bien profité de cet adage car les colombiens ont choisi entre le pire, mme Gouéta et le moins pire, Mr Sarre.
Rédigé par:Ahmed Beribeche | le 05 mai 2008 à 10:40
Tout ce qui est excessif est insignifiant. Vous faites semblant de ne pas comprendre ce que je critique dans la diplomatie du Président : l'écart entre le discours du candidat et la pratique du Président.
VOus pouvez dire tout ce que vous voulez, Nicolas Sarkozy fait du zèle dans les courbettes aux dictateurs.
Je ne demande pas que l'on fasse des leçons à la terre entière. Je ne demande pas que l'on rompte toutes relations avec des pays qui ont un régime politique différent du notre.
Non, je demande à ce que l'on soutienne a minima celles et ceux qui se battent dans leur pays pour les libertés fondamentales. Au moins les recevoir et les écouter...
Je demande que l'on cesse de s'applatir dès que l'on va signer un contrat quelque part dans le monde.
On peut faire du commerce en faisant passer des messages sur les libertés et les droits de l'homme.
Ou on peut, comme le Président Sarkozy que vous défendez bec et ongle, pousser le cynisme jusqu'à nommer une secrétaire d'Etat aux droits de l'homme qui ne dit rien. Ou si peu.
Rédigé par:alexis bachelay | le 05 mai 2008 à 13:22
Je ne défends pas Mr Sarkozy,il est assez entouré pour cela. Je défends les populations de ces pays qui, sans ces dirigeants autoritaires, seraient en bourka privées de tous. Je défends la politique du "moins pire".
Je n'ai rien contre les musulmans mais la politique et la religion ne font pas bon ménage. Je crois surtout, Mr Bachelay, que vous ignorez la situation sociale et politique au Maghreb. Posez des questions à vos connaissances qui ont des attaches dans ces pays. Je ne fais que commenter votre point de vue qui juge des positions diplomatique par le petit bout de la lorgnette. Si nous avons autant de réfugiés venus du magrheb, cela est dû à une situation de tension entre les mouvements islamistes et les dirigeants de ces pays.
Je comprends votre sentiment mais celui-ci ne doit pas conduire votre raison. Il y a l'idéal que je partage et la réalité qu'il faut mettre en oeuvre.
Sérieusement, pouvez-vous me précisez votre concept "à minima"?
P.S: La campagne est terminée, contentez-vous donc de débattre sans tenir compte continuellement de mes choix durant cette campagne, cela fausserait vos réponses à mon encontre. Vous semblez vouloir me contredire par principe. Je viens de la gauche et je suis désormais à la droite de la gauche.
Cordialement
Rédigé par:Ahmed Béribeche | le 06 mai 2008 à 06:49
C'est vous qui êtes renvoyé à vos choix antérieurs. Parce que vous continuez à être dans des visions caricaturales telles que nous les avons bien connus dans la campagne du type "pire ou moins pire"...
Je suis désolé de vous contredire encore une fois mais je ne méconnais pas la réalité politique et sociale du Maghreb.
Je sais qu'on ne peut pas espérer y voir prospérer la démocratie telle que nous la connaissons du jour au lendemain. Néanmoins, il y a là-bas des gens qui se battent pour que les libertés individuelles et collectives progressent. VOus connaissez le sens du mot progresser sans doute.
Or la diplomatie de Mr Sarkozy est une gifle pour eux. Ils se sentent totalement abandonnés alors qu'ils sont persécutés dans leurs pays.
Expliquez moi pourquoi mme Yade a annulé à la dernière minute son rdv avec les femmes démocrates tunisiennes ?
Ce n'est pas bien de procéder ainsi et on ne gagnera rien à laisser prospérer comme si de rien n'était des régimes qui bafouent des libertés fondamentales.
Rédigé par:alexis bachelay | le 06 mai 2008 à 09:59
@ Ahmed Beribeche
1. je vous cite "Si Hitler est parvenu à commettre le pire, c'est bien à cause de la faiblesse de nos démocraties en 1938, accord de Munich."
je vous invite à lire l'excellent article de Chantal Barthélemy-Ruiz
http://ondiraitlesud.typepad.fr/on_dirait_le_sud/2008/05/c-comme-chant-d.html
Peut-être y découvrirez-vous que "le pire" était déjà en marche en 1933 en Allemagne - tout comme il était en marche dès 1922 en Italie -...il est vrai que l'on peut considerer que, ne touchant pas (encore) le reste du monde, ce n'était pas si grave...c'est une question de valeurs.
2. vous évoquez "la situation sociale et politique au Maghreb" et me donnez l'impression de connaître le sujet. C'est dommage de ne pas partager votre expertise. Pourquoi ne pas publier un billet à ce sujet sur votre blog ?
Rédigé par:Piaf2Colombes | le 06 mai 2008 à 20:25
Pour approffondir mon analyse, j'ajouterais que la France soutient la plupart des dictatures afin de préserver son pré carré , héritage de la colonisation. C'est detestable, j'en conviens. Mais derrière les manipulations et les agitations pro-islamistes au Maghreb, il faut y voir une volonté des américains de mettre les français hors jeu.N'oublions pas que les talibans( Ben Laden en prime) en afghanistans ont bénéficié de leur soutien en tant qu'allié contre l'URSS.En Algérie, les USA se préparait à reconnaître la victoire du FIS afin de se substituer à la France, contrats-gaz à la clé. Enfin, la Côte d'Ivoire est le théatre des rivalités franco-américaines.
Oui la France soutient des dictatures. Elles l'a fait par le passé pour poursuivre une domination post-coloniale. Désormais elle le fait malgré elle à cause du risque de basculement islamiste dans ces pays fragiles. Cela ne me plait pas plus qu'à vous, Mr Bachelay car je suis attaché à la liberté et à la démocratie.
Alors, si la France devait faire ce que vous suggérez avec foi et coeur( ce qui honore votre point de vue), elle ne ferait que jouer le jeu des américains, qui n'attend que cela pour imposer sa domination à travers le monde arabe.Cela fait partie d'une logique d'Empire. La France est grande lorsque celle-ci s'oppose aux grands de ce monde. Du temps de Mr Mitterand, en 1991, je me souviens d'une petite France qui alla se fourvoyer dans une guerre en Irak. A l'époque, Mr Chevènement, dont j'admire son amour pour la République, la laïcité et la Nation, sauva l'honneur de notre pays.
Je sais que nos positions sont proches et je ne crains pas de le dire. Nous divergeons uniquement sur des questions secondaires.
Pour répondre à Piaf, je ne pense pas écrire quelque sur ce sujet, malgré votre invitation car le sujet est trop sensible. Vous avez pu le constater. Et pourtant nous ne sommes que deux.Je ne veux pas tomber dans la caricature. Et c'est pour cette raison que je commente ce billet chez les autres avec sincérité et sans rechercher la polémique.
Cordialement votre.
Rédigé par:Ahmed Béribeche | le 07 mai 2008 à 00:25
Je lis vos échanges et constate que vous écrivez avec vos convictions.
Le problème est que Monsieur Sarkozy n'a aucune conviction. C'est juste un camelot qui va vendre sa marchandise....
Rédigé par:lejazzestla | le 09 mai 2008 à 18:01