"Il y a un problème, votre fils ne peut pas garder son prénom."
La discrimination à cela de comparable à la calomnie, qu'elle est souvent tapie dans l'obscurité de pratiques et de comportements individuels difficiles à identifier. Parfois, un dérapage met en lumière ces phénomènes. L'invisible devient visible. Le non-dit est articulé avec des mots. le silence devient sonorité. Il faut alors réagir de toutes nos forces.
L'affaire du petit Islam nous a beaucoup touché ,car elle révèle ce que nous savons déjà : les discriminations peuvent frapper nimporte qui, nimporte quand. Femmes, hommes, enfants discriminés pour en raison de leurs appartenances cultuelles ou culturelles. Mais aussi les personnes handicapées, les séniors, les jeunes d'un quartier : les discriminations sont partout dans la société. Elles sont toutes aussi graves les unes que les autres.
C'est pourquoi nous devons les dénoncer chaque fois que cela est possible. Nous devons les combattre autant que faire se peut. Nous ne devrons jamais accepter qu'un membre de notre communauté, l'Humanité, soit rejeté ou insulté pour cause de sa différence.
Philippe Sarre a immédiatement écrit aux parents d'Islam les assurer du soutien de la municipalité. Il a également écrit à la chaîne de télé qui a provoqué ce malheureux incident, pour dénoncer ces pratiques. Un enfant recalé d'un jeu télé à cause de son prénom, c'est de la bêtise et de l'ignorance à l'état pur. Il s'agit, dans ce cas précis, d'une forme d'intolérance vis à vis de l'Islam : l'islamophobie. L'islamophobie est condamnable au même titre que l'antisémitisme et toutes les formes d"intolérance. Ceux qui banalisent l'une ou l'autre de ces intolérances, veulent affaiblir une certaine idée de la République.
A nous d'être vigilants. A nous de faire reculer ces comportements. A nous de rappeler en permanence que nous sommes tout à la fois égaux et différents.
La lettre de Philippe Sarre Téléchargement islam1.doc
DISCRIMINATION.
Privé d'un jeu télé parce qu'il s'appelle Islam par Vincent Mongaillard
mercredi 16 avril 2008 | Le Parisien
Il était en lice pour participer au jeu « In ze boîte » de la chaîne Gulli. Mais il a été recalé à cause de son prénom, jugé trop religieux. Les parents d'Islam, 9 ans, ont décidé de porter plainte. Fadela Amara se dit scandalisée par cette affaire.
IL A ZAPPÉ, « trop dégoûté ». Désormais, à l'heure du dîner, Islam Alaouchiche regarde « les Simpson ». Avant, il ne jurait que par l'émission « In ze boîte », diffusée par Gulli, la chaîne jeunesse de la TNT, propriété du groupe Lagardère Active.
Mais, depuis quelques semaines, l'enfant de 9 ans, domicilié à Colombes (Hauts-de-Seine), boycotte ce programme, mélange d'« Intervilles » et de « Questions pour un champion ». Il rêvait d'y participer avec son meilleur copain, Jules, et sa maman, Farah, et a postulé sur Internet, a été présélectionné mais, dans la dernière ligne droite du casting, il lui a été demandé de changer de prénom sous prétexte qu'il avait une connotation religieuse.
Face à cette discrimination révélée par l'hebdomadaire « la Vie », les parents du candidat devenu malheureux s'apprêtent à déposer plainte auprès du procureur de la République. « C'est pour son honneur », martèle le papa, Billel, agent de sécurité. C'est le 16 février dernier qu'Islam, Jules et Farah ont rendez-vous dans les locaux de la boîte de production Angel Productions pour, notamment, des essais vidéo, l'ultime sélection avant l'enregistrement de l'émission, prévue quelques jours plus tard. « Une dame nous a dit : Il y a un problème, votre fils ne peut pas garder son prénom. S'appeler Islam, pour un garçon, c'est comme porter un voile pour une fille. Son collègue a ajouté qu'il représentait une religion qui n'est pas aimée par les Français. J'étais bouche bée. La vérité, ça m'a fait un choc, j'ai pris une gifle ! » témoigne Farah, serveuse à la recherche d'un emploi.
Les casteurs proposent alors de baptiser l'indésirable d'un « autre prénom arabe » comme « Mohamed » ou « Sofiane ». Farah, « énervée », refuse. « Au moment de partir, on nous a dit : On vous rappellera », se souvient-elle, convaincue à ce moment-là que le téléphone ne sonnera pas, ce qui se confirmera par la suite.
« Il culpabilise »
« Moi, j'étais triste, je me demandais ce que j'avais fait de mal. Ensuite, à l'école, je suis passé pour un mytho (NDLR : un mythomane) , j'avais juré à mes copains qu'ils allaient me voir à la télé », enchaîne Islam. Depuis qu'on a voulu toucher à son identité, celui qui, pour la première fois de sa vie, s'est senti rejeté, a perdu confiance en lui, ayant l'impression d'avoir été pris pour « un terroriste ». « Pourtant, Islam, en arabe, ça veut dire la paix, le salut », traduit monsieur. Le garçon en survêt, fan de Tony Parker, n'a plus envie de s'inscrire dans un club de basket de « peur de ne pas être accepté par les autres ».
« Il culpabilise », décrivent ses parents, de nationalité algérienne. Ironie du sort, Islam, né à Marseille, aurait dû s'appeler en fait Islem. « L'officier de l'état civil s'est trompé, il a mis un a au lieu d'un e », assure Billel. Très embarrassée par cette affaire, la direction de Gulli a appelé la famille pour s'excuser. « Ça ne change rien, on veut des excuses écrites. Elle a également invité Islam à venir à l'émission dans le public, pas pour participer », regrette le papa. « Etre dans les gradins, ça m'intéresse pas ! » rétorque le fiston. Chez Angel Productions, dont la patronne a aussi joint les Alaouchiche, on promet qu'Islam a été convié, « dans un premier temps », dans le public parce que le recrutement des candidats pour la prochaine session était clos. « Mais, pour la suivante, on le prendra... »

Islam signifie Soumission car un musulman doit se soumettre à l'ordre divin que son prophète Mahomet à révéler à travers le Coran.
Pour ce qui est de la discrimination, notre cher Islam paye malgré lui le prix d'une affirmation d'appartenance identitaire forte que la société française n'est pas prête à accepter. C'est regrétable de voir un enfant victime à cause de querelles d'adultes. Pour la décharge du producteur, il faut reconnaître que ce n'est pas la consonnance arabe qui pose problème mais le caracctère religieux.
De ce point de vue, la laïcité est de rigueur mais il faudrait l'appliquer à tous les prénoms issus de la Bible (CHRISTian, Isaac, Marie?......) Comment faire? C'est impossible et l'injustice est souvent une affaire de cas isolé. Souhaitons que ce fait divers reste une cas unique en la matière.
Rédigé par:Ahmed Beribeche | le 05 mai 2008 à 10:58