La morale et la République ont gagné une bataille. Après 48 heures de polémique, madame Boutin, ministre du logement, a enfin viré son directeur de cabinet. Car figurez-vous que le n°2 du ministère et premier interlocuteur des associations de mal-logés habite depuis 1981 un logement social de 190 mètres carrés, pour moins de 1.200 euros par mois. Ce joli pied-à-terre est situé dans un immeuble haussmannien des quartiers chics, Port-Royal à Paris, étage élevé, double exposition, parking privé. Tout ça pour 6,30 euros le mètre carré, quatre à cinq fois moins que les prix du marché. Monsieur Bolufer s'est défendu en parlant de "chasse à l'homme" et en disant qu'il y a "des milliers d'autres personnes comme lui"... Bertrand Delanoë a immédiatement réagi en rappelant que pendant la période Chirac/UMP/RPR à la mairie de Paris, de nombreux amis du pouvoir avaient en effet bénéficié de ce système.
Mais non content de bénéficier d'un avantage indû, le n°2 du ministère du logement s’était même inscrit publiquement en pourfendeur de "ces gens qui se trouvent dans le parc HLM et qui ne devraient pas y être". C’était le 16 novembre dernier dans l’émission "Du grain à moudre" sur France Culture.
Monsieur Bolufer, soutenu dans un premier temps par Christine Boutin, se moque donc ouvertement des Français et notamment des plus mal logés !
Dans ces conditions, sa démission est un minimum. Elle est le signe que le pouvoir en place porte un double discours sur des questions portant essentielles, ici le logement, plus avant le pouvoir d'achat.
J'ajoute que les engagements de ce gouvernement en faveur du logement ne valent pas plus que les paroles de monsieur Bolufer. Car les orientations du gouvernement, sans un investissement des municipalités dans le domaine du logement, sont vaines.
Regardons le type de politique du logement mené à Colombes depuis 2001. De nombreuses constructions privées ont été livrées certes, mais à prix de vente tournant autour de 4000 voire 5000 euros le mètre carré. C'est à dire inaccessible à l'immense majorité des Colombiens. Et quasiment aucun logement social depuis 2001 selon les chiffres de la Préfecture !
Enfin, les Colombiens sont nombreux à se plaindre des conditions totalement opaques d'attributions des logements sociaux dans notre commune. Il semblerait que certaines pratiques du RPR à Paris avant 2001 aient franchi la Seine pour atteindre les rives de Colombes.
Nous formulerons dans le cadre de la campagne municipale des propositions en rupture avec la politique de cette municipalité. Nous proposerons la transparence pour l'attribution des logements. Nous proposerons un politique de l'habitat favorisant la mixité sociale, avec des logements en accession, des logements privés mais aussi du logement social. Sans oublier des poss
ibilités d'hébergement pour les plus démunis.
Bref, nous aurons un discours de vérité et de courage sur ce sujet. Pour en finir avec les doubles discours de la droite locale et nationale.
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