Patrick Devedjian veut-il vraiment nettoyer les écuries d'Augias du Conseil général des Hauts-de-Seine ?
Patrick Devedjian déclare vouloir une opération main propre au Conseil général des Hauts-de-Seine. Il affirme dans la presse vouloir nettoyer "les écuries d'Augias" et laver la réputation sulfureuse de son département. Vient-il de découvrir que le Conseil général, dirigé par la droite pratiquement depuis sa création, était géré de manière douteuses ?
Le secrétaire général de l'UMP évoque publiquement dans un entretien à L'Express publié jeudi des "anomalies anciennes" trouvées "en ouvrant les placards" et des "bizarreries" dans le "fonctionnement des services". Plusieurs enquêtes judiciaires en cours, issues des années où Charles Pasqua a présidé les Hauts-de-Seine (1988-2004), portent sur la gestion du département,
Alors qu'il s'était contenté jusqu'à présent de promettre plus de rigueur financière et juridique, il enfonce le clou en rappelant que "trois procédures judiciaires pénales lourdes" sont "diligentées dans le département", sans donner de détail. Il s'agit notamment de la fondation Hamon, création avortée d'un centre d'art à Issy-les-Moulineaux, dans laquelle la justice soupçonne des détournements de fonds publics. Charles Pasqua et André Santini, sont mis en examen dans ce dossier. Une autre procédure, concerne des fraudes présumées aux marchés publics de fournitures informatiques des collèges du département.
"Dans la continuité de ce qu'avait engagé Nicolas Sarkozy, je suis amené à nettoyer les écuries d'Augias", poursuit M. Devedjian, qui avait déjà dit au Monde daté de mercredi: "toutes les attaques dont je suis l'objet résultent de ma lutte contre la corruption".
La vice-présidente UMP du conseil général, Isabelle Balkany, qui entretient de très mauvaises relations avec M. Devedjian, s'est dite auprès de l'AFP "scandalisée" et "extrêmement choquée" par ces propos. Ah bon ? C'est vrai qu'Isabelle Balkany est rapidement choquée lorsqu'elle entend les mots transparence, probité, honnêteté...
"S'il cherche un clash qui était sous-jacent avec sa majorité, je pense qu'il va le trouver", a averti l'élue de Levallois. Des menaces entre membre du même exécutif ? Voilà qui promet.
"Je faciliterai les investigations de la justice. Evidemment, cela ne plaît pas à tout le monde", semble lui répondre M. Devedjian.
En mettant le doigt sur la réputation sulfureuse des Hauts-de-Seine, M. Devedjian semble d'abord régler des comptes avec ses propres amis politiques. Cette ambiance malsaine permettra-elle de gérer le budget du département le plus riche de France ?

Les commentaires récents