Par une délibération du 4 novembre 2004, l’ancienne municipalité prenait la lourde décision de confier à une société privée, Eiffage, la gestion de plusieurs parkings publics et du stationnement payant dans notre commune. Cette décision a été dénoncée par l’opposition de gauche, car il s’agissait d’une privatisation en catimini, décidée sans aucun débat avec la population.
Fallait-il privatiser le stationnement payant et la gestion des parkings publics dans notre commune ? Je ne le crois pas. A ce moment-là (en 2004), il y avait d’autres alternatives qu’une privatisation pure et simple de la gestion du stationnement public. Si nous avions été en responsabilité, nos choix auraient très différents. Jamais, nous n'aurions pu accepter les conditions imposées à la ville par la société Eiffage, qui étaient scandaleusement défavorables aux intérêts de Colombes :
- Un contrat signé pour 30 années
- Seulement 4 millions d’investissements sur cette durée
- Une extension du stationnement payant à 1200 places, avec un abonnement résidentiel initialement à 35 euros par mois
- Des taux de rentabilité impossibles à atteindre, dès le départ, et qui mettaient la ville en défaut par rapport au respect du stationnement payant
Sur le plan de la méthode, une absence totale de concertation avec les habitants, je le rappelle.
Pourtant, depuis le premier juin 2011, la ville est dans l'obligation d'honorer ce contrat signé avec le
délégataire du stationnement payant et des parkings publics en novembre 2004. Ce contrat a certes été largement modifié par un avenant lors du Conseil municipal du 3 mars 2011, pour le rendre plus favorables aux intérêts de Colombiens.
Mais la vérité, c'est que la décision d'étendre le stationnement payant dans les trois secteurs concernés, a bien été prise dès novembre 2004. En 2008, la nouvelle équipe a constaté que ce contrat avec été signé avec une société privé pour 30 ans, privatisant la gestion des parkings publics et du stationnement payant. Le stationnement payant existait déjà en 2008, nous ne l'avons pas inventé !
Sauf que, en l'absence d'une véritable concertation avec la population, l'ancienne municipalité a subi une levée de bouclier lors de la mise en œuvre du contrat à partir de 2005, et elle a reculé. Mais le contrat, lui, il existe bel et bien et il y avait de fait un contentieux pour non-respect de la signature de la part de la ville.
A partir de 2008, nous avons eu alors à choisir entre deux inconvénients :
- soit mettre en œuvre la totalité du contrat signé par l'ancienne municipalité, avec l'extension du stationnement payant et sortir la ville de ce mauvais contentieux ;
- Soit rompre le contrat de manière unilatérale avec un coût exorbitant (+ de 10 millions d'euros) pour le budget de la commune.
Il n'y a pas d'autres alternatives, sinon, nous l'aurions trouvées !
A partir de là, nous avons pris soin de vérifier que l'extension d'un stationnement payant avec tarification résidentielle aurait une efficacité pour celles et ceux qui en acceptent le prix : faciliter le stationnement. Refusez de payer son stationnement est parfaitement compréhensible.
Mais les Colombiens doivent savoir que pour beaucoup de Colombiens, y compris les plus modestes, le stationnement d'une voiture a un coût. Beaucoup d'occupants des logements sociaux ou privés payent un parking, car il y a plus de voitures que de places disponibles sur la voirie. Sinon, les conditions de stationnement seraient encore plus difficiles. D'ailleurs, c'est pour inciter les gens à prendre des places disponibles dans les parkings que nous avons demandés ) Colombes habitat public de diminuer les tarifs. Il faut quand même compter entre 25 et 57 euros en moyenne pour une place de stationnement.
Par ailleurs, nous entendons toutes les remarques qui sont faites sur la mise en œuvre du stationnement résidentiel, et nous les prendront en compte lors des prochaines discussions avec le délégataire Q-Park, qui gère le stationnement payant à Colombes.
D'ailleurs en mettant en ligne ci-dessous les comptes-rendus des deux conseils municipaux, où la municipalité de droite a voté la privatisation du stationnement (novembre 2004 et juillet 2005). Et vous constaterez qu'en 2004, ils avaient notamment avalisé un stationnement résidentiel à 35 euros le mois. Voici quelques extraits :
"Vous l'aurez compris, devant les menaces d'asphyxier Colombes, je souhaite utiliser tous les ressorts disponibles à l'aménagement urbain et à l'intervention publique pour trouver des solutions au problème que pose le stationnement pour bon nombre de Colombiens. C'est un véritable combat au service des Colombiens qui légitime une telle mobilisation. Le stationnement payant en voirie au centre ville ou près des gares s'inscrit dans le cadre du nouveau Plan de Déplacement Urbain. Il améliore le fonctionnement de la ville, le taux de rotation des automobiles et libère de l'espace permettant de respecter des règles de stationnement, de multiplier les places libres et d'éviter le stationnement sur les trottoirs des passages piétons. Il est évident que ce respect ne peut réussir que grâce à une surveillance efficace." Nicole Goueta - Maire de Colombes– Conseil municipal du 12 juillet 2005
"Assumer le problème du stationnement payant, c'est assumer la modernité et la nouvelle image de la ville de Colombes, reconnue comme une des villes les plus dynamiques de toute l'Ile de France. Pour répondre à nos détracteurs, faire payer le stationnement souterrain ou de surface n'est pas percevoir un nouvel impôt car l'argent perçu ne le sera pas par la recette municipale, comme vous le laissez croire, mais par le délégataire en charge du stationnement, la société Eiffage parking. D'autre part, faire payer est le seul moyen (pas très original au demeurant mais regardez donc toutes les villes voisines) de réguler l'espace public consacré aux véhicules. J'aimerais donc, en toute transparence, développer pour l'assistance l'étendue de nos réalisations en matière de stationnement." Lionnel Rainfray (Président du groupe UMP) - Conseil municipal du 12 juillet 2005
« Vous aviez évoqué le stationnement résidentiel dans les Vallées de 35 euros. Dans les logements sociaux, il est entre 30 et 40 euros. Je pense que l'on ne peut pas faire deux poids/deux mesures : 35 euros en voirie aux Vallées et 30 ou 40 euros dans les logements sociaux, c'est au moins la possibilité de trouver une place, ce qu'ils n'ont pas aujourd'hui. » Véronique Vignon (Maire-adjointe UMP) – Conseil municipal du 4 novembre 2004
Le stationnement payant n'est pas la solution à tous les problèmes, loin s'en faut. Mais il peut contribuer en résoudre certains problèmes, et le Maire s'est engagé à faire une évaluation de la mise en oeuvre du contrat dès l'automne 2011. Nous travaillons afin de limiter les effets négatifs et si nécessaire, nous renégocieront encore le contrat de Q-Park avec la ville, pour en améliorer encore le contenu. Quand une ville s'engage pour un contrat de 30 ans, même une nouvelle municipalité ne peut pas l'effacer d'un trait de plume. Nous en faisons aujourd'hui l'amère expérience et c'est une leçon pour l'avenir, de ne jamais plus engager notre ville à la légère.
Les documents pour comprendre :
Délibération du 4 novembre 2004 Téléchargement RapportCM04112004
Compte-rendu du 4 novembre 2004 Téléchargement 2004-1104
Compte-rendu du 12 juillet 2005 Téléchargement 2005-0712
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