La Provence : Quelles leçons tirez-vous du score réalisé par le PS ?
Vincent Peillon : Si nous n'avons pas fait un bon score, c'est que notre campagne n'a pas été bonne, c'est évident. Mais je ne veux pas déresponsabiliser les électeurs qui se sont abstenus: les couches populaires et les jeunes. Nous n'avons pas été capables de montrer à ces populations l'importance de l'enjeu. Ensuite, il faut que le PS ait un discours plus crédible et ait un comportement plus attractif. Il va falloir aussi travailler au rassemblement de la gauche.
Ne faudrait-il pas d'abord rassembler au sein du PS ? Et Martine Aubry ne porte-t-elle pas une part de responsabilité dans la défaite?
La responsabilité des uns et des autres est évidente. Celle de Martine Aubry, celle de Ségolène Royal, celle de tous ceux qui n'ont pas assez fait oeuvre de rassemblement. Mais le rassemblement ne suffit pas. Il faut l'énergie, le projet, la modernité, la générosité. Beaucoup de choses qui nous font encore défaut.
Votre parti n'est-il pas en voie d'extinction ?
Le PS n'est pas mort. Il n'a jamais été aussi puissant. Nous avons plus de 200 députés, nous avons gagné des sénatoriales, des municipales. Mais nationalement, le parti n'est pas capable de trouver une expression politique satisfaisante. L'union est importante, nécessaire. Et il faut être capable de formuler un projet pour la France et pour l'Europe.
Pourquoi n'avez-vous pas réussi à entrer dans l'équipe de la direction nationale ?
Parce que la clarté et la volonté suffisante de tourner la page ne sont pas encore au rendez-vous au PS.
Que voulez-vous dire ?
Il faut une réaction à la hauteur de l'événement. Troisprésidentielles perdues, un échec historique à une élection intermédiaire, tout cela appelle à un sursaut très profond de notre part. Dans les modes d'organisation. Dans les modes d'expression. Dans les objectifs. Les choses n'ont pas été faites à ce stade avec assez de tranchant, d'énergie, pour que nous portions cette volonté de transformation, d'accouchement d'un nouveau Parti socialiste...
Que préconisez-vous ?
Une orientation politique moderne, une stratégie d'alliances qui réunirait les progressistes en parlant aux Verts, aux radicaux, aux communistes, mais aussi aux démocrates, au MoDem, à tous ceux qui pensent qu'il faut battre la droite française. Il y a enfin la question des primaires, très importante: elles permettent de dépasser les ambitions individuelles.
Serez-vous candidat à des primaires ?
Je ne raisonne pas comme cela. Je suis candidat à ce que des primaires aient lieu. Je suis candidat à ce que la gauche gagne en 2012. Et je ferai tout pour qu'on puisse atteindre cet objectif.
Propos recueillis par Philippe Faner

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