Le message des électeurs a été ce dimanche très net : les enjeux de la planète sont au premier plan de leurs préoccupations. Pour le parti socialiste, l'enjeu, à l'issue des élections européennes est désormais clair : se transformer radicalement, ou mourir à petit feu face à la concurrence de ses multiples alliés potentiels, concurrence exacerbée par les résultats, en laissant Sarkozy préparer tranquillement sa réélection en 2012.
La faible participation, en particulier de l'électorat populaire, ne doit pas masquer l'essentiel : le parti socialiste n'incarne plus aujourd'hui une alternative crédible, alors que la double crise économique et écologique aurait dû lui permettre de retrouver une nouvelle audience. Une bonne partie de l'électorat traditionnel socialiste s'est reportée sur les listes d'Europe écologie.
Cet électrochoc peut être utile si des décisions sont prises à la hauteur de la crise que traverse le Parti socialiste. Nul besoin pour cela d'une énième révolution de palais qui ne changerait rien. C'est un nouveau Parti socialiste qu'il faut construire. Pour cela, nous suggérons trois pistes.
D'abord, moderniser sa ligne politique en mettant enfin au centre de son action la double préoccupation sociale et écologique, plutôt que de faire dépendre l'une de l'autre. C'est cette orientation qui avait été proposée au moment du congrès de Reims par le pôle écologique. Le Parti socialiste ne doit plus concevoir la question écologique sous l'angle environnemental donc subsidiaire. Il doit la placer au centre de son nouveau projet de société.
Le temps des ateliers participatifs est venu. Ouverts largement à la société, irriguant le PS du bas vers le haut et transversalement, ils sont une ardente nécessité. Le premier d'entre eux sera consacré au nouveau modèle de développement qui sera le cour du projet de la gauche. Il n'est plus acceptable de laisser à la droite l'initiative comme sur le Grenelle de l'environnement et ses plus modestes successeurs, alors que nous faisons de la démocratie participative l'un des leviers de la reconstruction du lien citoyen. De même il n'est plus acceptable de laisser la droite seule à l'initiative sur la fiscalité écologique, sur les nouveaux indicateurs de richesse et la remise en cause du PIB . nous devons avoir le courage de poser la question : comment assurer la prospérité du plus grand nombre en rompant avec le productivisme et une conception mortifère de la croissance ?
Ensuite, organiser, dès la rentrée prochaine, des états généraux du renouveau, avec tous les adhérents, sympathisants, citoyens qui souhaitent travailler à la définition d'une alternative sur le fond à la politique de Sarkozy. Le nouveau parti socialiste doit s'ouvrir largement à toutes les couches de la société, et cesser de traiter les problèmes sans les trancher. Ce que nous devons d'abord construire c'est un nouvel espace de délibération et de décision concertée.
Enfin, concevoir une procédure associant largement les citoyens de gauche pour désigner le candidat de la gauche à l'élection présidentielle, et l'organiser dans les douze mois qui viennent. L'expérience nous montre que refuser d'affronter la question du leadership suffisamment à l'avance, c'est la certitude de l'échec en 2012.
Rien n'est perdu. Mais il faut bouger, et bouger vite. C'est ce que nous attendons de la direction du parti socialiste.
Alexis Bachelay, maire adjoint chargé du développement durable à Colombes
Christophe Caresche, député de Paris
Pascal Deguilhem, député de Dordogne
Aurélie Filippetti, députée de Moselle
Gaetan Gorce, député de la Nièvre
Géraud Guibert, porte parole du pôle écologique
Jean Launay, député du Lot
Eric Loiselet, secrétaire national adjoint à l'environnement
Thierry Mandon, Maire de Ris Orangis, Président délégué du CG 91
Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire
Philippe Plisson, député de Gironde
Benoit Thieulin, secrétaire de la section numérique du PS
Philippe Tourtelier, député d'Ille et Vilaine
Retrouvez le texte sur http://www.monpoleecologique.fr/

Bonjour ,
Je partage largement ces idées que le Parti socialiste ne doit plus concevoir la question écologique sous l'angle environnemental, que le temps des ateliers participatifs est venu, qu’il faille organiser, dès la rentrée prochaine, des états généraux du renouveau, et enfin concevoir une procédure associant largement les citoyens de gauche pour désigner le candidat de la gauche à l'élection présidentielle, et l'organiser dans les douze mois qui viennent.
Toutefois, je ne pense qu’il faille organiser la reconquête nationale sous l’angle de l’anti sarkosisme, la parti socialiste doit proposer son propre projet de société progressiste, sans référence au président actuel, déjà parce qu’il n’est pas porteur d’une doctrine, que par ailleurs, il a brouillé les cartes du bipartisme, et qu’enfin parce que cette stratégie n’a pas fonctionné ni pour Aubry, ni pour Bayrou.
Par ailleurs, le parti socialiste est une machine à casser ses leaders, il faut je pense sortir d’une logique de primaire classique et proposer le choix aux autres partis de gauche autour de thèmes fédérateur.
Ensuite, s’il faut rompre avec le productivisme et une conception mortifère de la croissance, il faut aussi accepter qu’il n’y a pas d’autre mécanisme pour tirer l’emploi vers le haut sans accélérer la dette publique.
De plus, transformer le PS en une machine à gagner suppose aussi de faire bouger les lignes de la doctrine : le libéralisme culturel, l’économie de marché (sociale et solidaire de marché), la sécurité, le droit de propriété, le goût de l’entreprenariat, la prise en compte de la concurrence sur le plan mondial, les questions d’immigration, la prise en compte des nouveaux modes de communication, l’acceptation de la société du spectacle et la démocratie d’opinion .
Sans ça, l’avenir du Parti socialiste rejoindra celui du Parti communiste. Essayons déjà de trouver un nom à une coalition de gauche qui soit un peu plus dans le move. Le mot « parti » c’est par essence statique.
Samuel Beaumier
Rédigé par: Samuel Beaumier | 13 juin 2009 à 23:49
Tout d'abord je tiens à vous dire que je partage totalement l'idée d'états généraux pour le renouveau ou la rénovation du ps. Je regrette qu'il n'y ait pas de pétition de soutient à cette démarche par ailleurs. Cependant il ne faut pas que cela masque un autre impératif: la rénovation interne du ps. Car si la direction du parti n'arrive pas actuellement à entendre ses militants, qu'en sera-t-il de simples sympathisants venus débattre. L'attente du peuple de gauche aujourd'hui est à la mesure de sa désespérance et si un tel nouvel espoir était déçu, je ne pense pas que le ps s'en remettrait.
Quant à l'écologie, il ne faut pas que ce soit une effet de mode. Europe Écologie a remporté un large succès pour son engagement écologique, européen, moral, humaniste et social. Mais cette victoire s'est faite sans les classes populaires ni la jeunesse. Il y a une nécessité écologique forte mais ce ne sera pas suffisant pour une crédibilité retrouvée du ps.
Rédigé par: Clément | 14 juin 2009 à 21:02
@Samuel
A t'écouter, en gros, on remet le couvert de la Gauche plurielle, qui a si bien réussi en 2002 ?...
Sauf que je ne crois pas que le PS soit prêt à diriger les rennes d'une coalition 1/3 PS, 1/3 verte et 1/3 Gauche de la gauche.
Pas plus que le NPA et LO, d'ailleurs, intégreraient une coalition au pouvoir. La posture de contestataire est si facile à tenir...
Rédigé par: Brice | 15 juin 2009 à 14:32
@Brice
Bonjour Brice,
Quand je pensais au PS qui prenne la tête d'une coalition je pensais plutôt: 1/3 Ps, 1/3 verte, 1/3 centriste.
Désolé. de ne pas avoir été plus clair.
Samuel
Rédigé par: Samuel Beaumier | 16 juin 2009 à 11:51
@ Samuel
Pas évident que les Verts acceptent de copiner avec le Modem, surtout depuis un débat télévisé mémorable -et encore, c'était la frange droitière des verts qui était à table-.
Et quand on dit 1/3 centriste, ca voudrait dire que le Centre dépasse 10% de l'électorat dans le pire des cas. Ce qui n'est plus vraiment d'actualité.
Rédigé par: Brice | 16 juin 2009 à 12:06
@ Brice,
Brice, ce qui n'est plus d'actualité c'est d'être contre l'économie de marché lorsqu'on connaît l'état de la dette publique.
Ce n'est même pas contestable.
Samuel
Rédigé par: Samuel Beaumier | 16 juin 2009 à 13:24
@ Samuel
Je crois pas que Lénine, Castro, les Révolutionnaires de 1789, ou même Bush avant d'envahir l'Irak se soient posé ce genre de questions.
Quant à l'instauration de la Sécu en 45 alors que le pays était à reconstruire (71 départements sur 91 ont servi de champ de bataille), elle obéissait à d'autres priorités que "la dette publique".
Rédigé par: Brice | 16 juin 2009 à 13:39
@ Brice,
Bonjour Brice, cela tombe bien que tu parles de la Sécurité sociale parce qu'en France, ça désigne un système d'indemnisation assurée pas l'Etat providence de type Bismarkien, c'est à dire assuré par un mode de financement qui repose essentiellement sur les cotisations sociales. Donc ce que tu proposes, c'est de faire porter le poids de ton idéologie en augmentant le prélèvement sur les foyers. Parce que ce n’est pas en période de crise que les entreprises vont financer. Quand à faire la révolution, comme dirait Lautréamont (hé oui un écrivain...), ce doit être pour substitué un régime par un meilleur régime, sinon c'est du suicide. Alors la révolution Française, comme la révolution Russe, comme la révolution castriste ont toutes les trois abouti à la dictature , et un mode de soumission de classe par une autre soumission.Pas vraiment ce qu'on pourrait appeler l'émancipation.
Samuel
Rédigé par: samuel | 16 juin 2009 à 14:02
@ Samuel
Prélèvements sur les foyers et sur les entreprises.
C'est en tous les cas ce qu'ont lancé les membres du CNR en 1945, malgré les carences en énergie, en nourritures et en moyens.
La sécu fonctionne toujours aujourd'hui. Elle a même contribué au fleurissement des 30 glorieuses. Bref, au moment ou la redistribution était à son paroxysme, l'économie était en progrès constant.
30 ans sans crise financière... Et une crise financière majeure (29) guérie aux Etats-Unis grâce à l'Etat Providence.
Donc, parler d'état providence bismarkien quand John Maynard Keynes met en place un système de redistribution, c'est anachronique. 0 pointé en histoire, Beaumier.
Il a fallu attendre la dérégulation et les divers renoncements idéologiques (incompréhensibles) de la social-démocratie pour que l'on connaisse une crise financière majeure tous les 5 ans, et des récessions tous les 10/15 ans.
Nous avons besoin de plus de régulation et de redistribution. C'est historiquement prouvé...
PS : Lautréamont ne faisait pas de fautes d'orthographe
Rédigé par: Brice | 16 juin 2009 à 14:12
@ brice
t'as déjà lu du Lautréamont? ou du L'autre Hamon?
Rédigé par: Intiquila | 16 juin 2009 à 16:57
@Brice,
J’aimerais que tu revoies tes bases :
Alors Prélèvement sur les foyers et les entreprises : l’impôt est impopulaire, et en temps de crise se serait suicidaire.
Securité sociale : tout observateur avisé sait que la sécurité sociale en France a depuis les années 70 des problèmes de financement. Auparavant c’est la croissance des Trente glorieuses qui permet de la financer. Par la suite ce n’est pas la libéralisation de l’économie qui gène son financement mais le ralentissement économique d’après le choc pétrolier ainsi que le vieillissement de la population.
Et le système de protection sociale a accompagné la croissance mais il n’est pas la cause principale. La relative absence de fracture sociale en cette période est plus le fait de la Guerre qui a presque tout détruit que de l’action de la redistribution.
En 29 une réponse étatique à été apportée sous l’influence principale des théories de John Maynard Keynes, c’était la bonne solution à cette époque, mais les sociétés ont changé et leurs interactions aussi. Je ne dis pas qu’il ne faut pas faire une relance par la consommation mais elle doit s’accompagner par un soutient à l’innovation, à la mobilité professionnelle et à la formation, parce qu’il faut une forte croissance après la crise pour rembourser le déficit or on sait que cela ne sera pas le cas. J’en veux pour preuve l’échec du Programme commun de la coalition de gauche qui après 83 à obligé le gouvernement à faire marche arrière. Le programme de redistribution était trop dispendieux.
Quant à l’état providence : revoies ton histoire et ton économie. On distingue classiquement deux grands modèles d'État-providence : l'État-providence bismarckien, fondé en Allemagne par les lois de 1880, et l'État-providence beveridgien, qui naît au Royaume-Uni après la Seconde Guerre mondiale. La France d’après guerre fait partie des régimes conservateurs-corporatistes basés sur le modèle bismarckien et où la qualité de la protection sociale dépend de la profession et des revenus, selon une logique d'assurance. Donc double 0 pointé pour toi.
La dérégulation maintenant, ma préféré. Déjà tu ne connais même pas ton vocabulaire. En français on distingue dérégulation et déréglementation. Ce à quoi tu fais référence c’est la déréglementation. La déréglementation (en anglais deregulation) consiste en la suppression de contraintes règlementaires. La déréglementation telle qu'elle est pratiquée après 70 peut sur certain secteur générer des avantages pour le consommateur (tu n’aurais jamais été en Irlande si tu avais payé le prix d’Air France ). La privatisation d’entreprises publiques et la libéralisation ne doivent pas être assimilées à une quelconque déréglementation. Donc si j’en crois le rapport Larosière qui doit être un peu plus compétent que toi en économie, la sortie de crise doit s’accompagner d’un réajustement de la régulation et tu ne pourras pas reprocher à la commission de ne pas faire assez de réglementations.
En outre, les crises financières sont inévitables. Et ce n’est pas la régulation à outrance qui va résoudre le problème. Si elle est mal faite elle produit plus de dégât qu’autre chose.
Quant à l’accroissement des inégalités, il ne peut se freiner que par un model républicain ou alors tu changes juste les gagnants en perdants et inversement ce qui ne change fondamentalement pas grand-chose. Au fond tu n’es qu’un jaloux qui ne veut que gagner plus pour consommer plus.
Sinon pour les fautes d’orthographe, tu m’épargneras bien ce petit défaut, je ne mets pas l’accent sur ta tendance, passée de mode, à la révolution. Même Olivier Besancenot à abandonné cette idée. C’est dire.
Rédigé par: samuel | 16 juin 2009 à 21:48
@Samuel
Donc, si je te suis, ne changeons rien, le monde est parfait. Continuons à déréguler et à déréglementer, ca a tellement réussi aux classes laborieuses...
Bouffons donc de l'OGM dérégulé, de la viande lessivée au chlore déréglementée, admirons les patrons aux salaires déréglementés. Après tout, c'est la mode, tout ce qui va contre ça est has-been. L'état est archaique, et nous, les déreglemento-dérégulateurs, on est super in avec notre mobilier Philippe Stark et nos campagnes de com qui font bronzer la Rolex de Séguéla.
Contrairement à toi, je crois sincèrement que le système de redistribution mis en place en France (et en Europe) après 45 a été le moteur de la croissance.
La rédistribution était généralisée, un patron gagnait rarement plus que 20 fois le SMIC et les actionnaires se contentaient de leur 3% de rendement par an. C'était une économie qui tournait.
Aujourd'hui, tes potes Messier et Arnault sont passés par là. La mise en coupe réglée de l'économie est générale au seul bénéfice de l'actionnariat. En dérégulant, en déréglementant, (peu importe le terme, la mécanique de mise en respect du faible au bénéfice du fort est la même), l'état a abandonné ses prérogatives de grand manitou économique et on se retrouve avec les aberrations actuelles...
Quand je pense que les libéraux appellent ça la liberté... Liberté pour une femme de faire du temps partiel subi avec des plannings non-moins subis, liberté pour des intérimaires de se faire lourder sans la moindre perspective d'avenir, liberté pour des vieux maçons de se briser le dos jusqu'à 67 ans, liberté pour des sans-papiers de trimer dans les cuisines des grands restaus... non... J'appelle ça de l'asservissement des masses.
Asservissement des masses pour assouvir l'avidité des gros. Je ne voit pas de liberté là-dedans.
Non, je ne crois pas qu'un excès de régulation produise plus de dégâts qu'une lacune de régulation. Ces dernières années, on a bouffé de la crise financière tous les 4 ans à cause de cette foutue dérégulation. D'ailleurs, les sud-américains ont tellement aimé ça qu'ils se tournent vers le socialisme. C'est dire. Et je en te parle pas des succès de divers partis ex-communistes dans les ex-pays de l'Est.
Bref, t'es qu'un gros rouquin.
PS : j'ai aussi été en Irlande en bateau. donc...
Rédigé par: Brice | 17 juin 2009 à 10:18
@ Samuel et Brice
Dites, les gars, vous êtes payés combien par l'UMP pour ce genre de sorties ?
En tout cas, ils doivent trinquer à votre santé en vous voyant faire leur jeu ainsi…
Rédigé par: Fabrice | 17 juin 2009 à 12:06