La faible participation, en particulier de l'électorat populaire, ne doit pas masquer l'essentiel : le parti socialiste n'incarne plus aujourd'hui une alternative crédible, alors que la double crise économique et écologique aurait dû lui permettre de retrouver une nouvelle audience. Une bonne partie de l'électorat traditionnel socialiste s'est reportée sur les listes d'Europe écologie.
Cet électrochoc peut être utile si des décisions sont prises à la hauteur de la crise que traverse le Parti socialiste. Nul besoin pour cela d'une énième révolution de palais qui ne changerait rien. C'est un nouveau Parti socialiste qu'il faut construire. Pour cela, nous suggérons trois pistes.
D'abord, moderniser sa ligne politique en mettant enfin au centre de son action la double préoccupation sociale et écologique, plutôt que de faire dépendre l'une de l'autre. C'est cette orientation qui avait été proposée au moment du congrès de Reims par le pôle écologique. Le Parti socialiste ne doit plus concevoir la question écologique sous l'angle environnemental donc subsidiaire. Il doit la placer au centre de son nouveau projet de société.
Le temps des ateliers participatifs est venu. Ouverts largement à la société, irriguant le PS du bas vers le haut et transversalement, ils sont une ardente nécessité. Le premier d'entre eux sera consacré au nouveau modèle de développement qui sera le cour du projet de la gauche. Il n'est plus acceptable de laisser à la droite l'initiative comme sur le Grenelle de l'environnement et ses plus modestes successeurs, alors que nous faisons de la démocratie participative l'un des leviers de la reconstruction du lien citoyen. De même il n'est plus acceptable de laisser la droite seule à l'initiative sur la fiscalité écologique, sur les nouveaux indicateurs de richesse et la remise en cause du PIB . nous devons avoir le courage de poser la question : comment assurer la prospérité du plus grand nombre en rompant avec le productivisme et une conception mortifère de la croissance ?
Ensuite, organiser, dès la rentrée prochaine, des états généraux du renouveau, avec tous les adhérents, sympathisants, citoyens qui souhaitent travailler à la définition d'une alternative sur le fond à la politique de Sarkozy. Le nouveau parti socialiste doit s'ouvrir largement à toutes les couches de la société, et cesser de traiter les problèmes sans les trancher. Ce que nous devons d'abord construire c'est un nouvel espace de délibération et de décision concertée.
Enfin, concevoir une procédure associant largement les citoyens de gauche pour désigner le candidat de la gauche à l'élection présidentielle, et l'organiser dans les douze mois qui viennent. L'expérience nous montre que refuser d'affronter la question du leadership suffisamment à l'avance, c'est la certitude de l'échec en 2012.
Rien n'est perdu. Mais il faut bouger, et bouger vite. C'est ce que nous attendons de la direction du parti socialiste.
Alexis Bachelay, maire adjoint chargé du développement durable à Colombes
Christophe Caresche, député de Paris
Pascal Deguilhem, député de Dordogne
Aurélie Filippetti, députée de Moselle
Gaetan Gorce, député de la Nièvre
Géraud Guibert, porte parole du pôle écologique
Jean Launay, député du Lot
Eric Loiselet, secrétaire national adjoint à l'environnement
Thierry Mandon, Maire de Ris Orangis, Président délégué du CG 91
Arnaud Montebourg, député de Saône-et-Loire
Philippe Plisson, député de Gironde
Benoit Thieulin, secrétaire de la section numérique du PS
Philippe Tourtelier, député d'Ille et Vilaine
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