La surdité du pouvoir aggrave les conséquences de la crise dans notre pays. Nicolas Sarkozy et son gouvernement refusent de changer de cap. La relance n’est pas à la hauteur de la crise économique qui touche notre pays de plein fouet (90000 chômeurs de plus en janvier, 100 000 en février !). Le pouvoir ne semble pas prendre la mesure de la crise économique et sociale dans laquelle les français se débattent aujourd'hui.
IL faudrait un second plan de relance, qui ne se contenterait du sauvetage des banques et d’un saupoudrage de quelques investissements, pour la plupart déjà prévus. Partout en Europe et dans le monde, des plans de relance s’appuyant fortement les filières écologiques, avec aussi des mesures ciblées pour faciliter l’accès des PME aux crédits sont lancés. Le soutien à la consommation, la justice fiscale, sont également des solutions adoptées partout.
Dans la plupart des autres pays, les plans de relance s’appuient sur les territoires, pour donner une cohérence et une efficacité. En France, il n’en a rien été.
La « méthode » Sarkozy, fondée sur l'absence de concertation, l'ignorance des acteurs de terrain et la communication à outrance, montre clairement ses limites.
Analysons les 7 péchés capitaux du plan de relance français.
Péché numéro un : la taille avec un plan sous-dimensionné
En comparaison avec celui des autres pays, le plan de relance français manque d’envergure.
Les Etats-Unis ont lancé un plan de relance près de 600 milliards d’Euros, la Chine 455 milliards d’Euros, l’Allemagne 50 milliards d’Euros, l’Espagne 20 milliards d’Euros et la France à peine 26 milliards.
La moitie de celui de l’Allemagne, à peine plus que l’Espagne et très loin de l’effort américain ou chinois. Le PS a d’ailleurs proposé un plan de relance de près de 45 milliards d’Euros.
Péché numéro deux : jacobin et centralisé, un plan décidé à Paris sans concertation avec les territoires
Rappelons une réalité que d'aucuns feignent d'ignorer. L'essentiel des travaux publics ne relève plus, depuis bien longtemps, de la compétence de l'Etat mais des institutions locales. Ce ne sont pas moins de 73% des investissements publics qui sont placés sous leur maîtrise d'ouvrage. Les routes, les établissements scolaires de la maternelle à la terminale, les réseaux d'eau et d'assainissement, les équipements divers sont réalisés, puis gérés par l'échelon territorial. Cette situation n'est pas une exception française. L'Italie, l'Allemagne, l'Espagne, nos plus proches voisins, de surcroît nos principaux partenaires européens, partagent avec nous cette particularité.
Mais à la différence de nos voisins, le gouvernement français a fait comme s’il était dépositaire de la majorité des investissements publics. En Espagne, 8 milliards d'euros qui seront mis à la disposition des municipalités, pour relancer les travaux publics. En France, c’est zéro.
Alors que dans toutes les agglomérations, communes et régions, les élus locaux courent après des financements pour mener à bien leurs projets, qui sont pour la plupart bien plus pertinents que ceux de l’Etat.
Péché numéro trois : ce plan tourne le dos à croissance verte
Montants des investissements écologiques prévus dans chacun des plans de relance :
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Chine : 221,3 milliards de dollars - priorité aux infrastructures, notamment ferroviaires
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Etats-Unis : 112 milliards de dollars (sur 10 ans) - priorité aux énergies renouvelables
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Corée du Sud : 30,7 milliards de dollars - priorité à l’accompagnement des grandes entreprises pour se positionner sur les technologies innovantes en matière environnementale
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Allemagne : 13,8 milliards de dollars
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Japon : 12,4 milliards de dollars
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France : 7,1 milliards de dollars (5 milliards d’Euros) mais est-ce que les 212 millions pour les routes et les autoroutes peuvent être considérés comme des investissements verts quand on ne donne que 100 pour les voies ferrées (le réseau est dans un état lamentable et saturé en Ile-de-France)
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Royaume-Uni : 2,1 milliards de dollars
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Italie : 1,3 milliards de dollars
Nicolas Hulot n’a pas caché sa déception face au plan de relance proposé par le gouvernement. Il a regretté le peu de place accordé à l'écologie dans ce plan. L’écologiste a jugé qu’on ne « tenait pas compte des engagements du Grenelle de l'Environnement ». Selon lui, il y dans l’entourage du Président de la République des « logiques qui font de l'écologie un paramètre marginal ».
Le gouvernement parle de croissance verte, 212 millions seront investis dans la rénovation du réseau routier. Une décision qui va manifestement à l’encontre des objectifs du Grenelle de l’environnement, qui avait mis en sursis divers chantiers, et de la lutte contre le réchauffement climatique. Un signal psychologique déplorable. D'autant que la France est déjà bien dotée en infrastructures routières, mais sous-équipée en transports urbains collectifs, qui, selon la FNAUT et un rapport récent du Programme des Nations Unies pour l'Environnement1, créent deux fois plus d'emplois, à dépense égale, que le transport routier, pour la plupart pérennes et par définition non délocalisables. Selon un communiqué conjointement publié par le GART (Groupement des autorités responsables de transport) et les Communautés urbaines de France, les élus locaux déplorent que l'État n'ait pas favorablement répondu à la demande des associations représentant les collectivités locales : soutenir l'investissement dans les transports en commun en site propre et dans le matériel roulant.
EN résumé, des routes et des autoroutes, mais pas de financements décisifs pour les transports en commun urbains, des rénovations de bâtiments anciens, mais pas de plan d'ensemble de réhabilitation du logement social, ni d'engagement substantiel en faveur de la construction d'écoquartiers à basse consommation. Les énergies renouvelables sont loin d'être mises en valeur.
Péché numéro quatre : un plan de relance « traditionnel » qui ne prépare pas l’avenir
Le plan de relance à la Française, finalement très traditionnel, peut laisser perplexe. D'autant que la crise financière a montré les limites du modèle actuel : on ne sortira pas de la crise sans aller vers une société plus sobre et plus solidaire.
Par exemple aux Etats-Unis, le plan de relance s'appuie pour une bonne part sur le renforcement des TIC dans la société : dossier médical informatisé, écoles high-tech, réseau électrique intelligent. La santé et l'école sont deux domaines auxquels la prochaine administration américaine a en effet décidé de donner une orientation résolument high-tech. « Pour améliorer la qualité de notre système de santé tout en réduisant ses coûts, a déclaré Barack Obama, nous allons faire des investissements immédiats pour s'assurer que, dans les cinq ans à venir, l'ensemble des dossiers médicaux d'Amérique soient informatisés.»
La France aurait pu lancer un plan d’investissement dans ses universités, dans ses centres de recherches, dans la croissance verte et sur les territoires. Quid aussi du soutien aux secteurs innovants ?
Péché numéro cinq : un plan de relance fiscalement injuste
Pour financer des plans de relance à la hauteur de la crise, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis ont décidé de faire contribuer les plus riches à la lutte contre la crise
En France, le gouvernement UMP s'accroche désespérément à son « paquet fiscal » et se prive ainsi de moyens d’action contre la crise, pour des raisons idéologiques. Nicolas Sarkozy affirme qu’il n’a pas été élu pour augmenter les impôts. IL devrait ajouter les impôts des plus riches !
En 2008, les 460 millions d'euros de remboursement au titre du bouclier fiscal ont bénéficié aux 14000 foyers fiscaux les plus riches Injuste à son origine le bouclier fiscal est devenu absolument insupportable en cette période de crise économique et sociale qui frappe si durement la France. Tous les Français se sentent menacés. Le déficit budgétaire atteint plus de 100 Milliards d’Euros et l’Etat français continue à verser à quelques privilégiés des chèques d’une valeur moyenne supérieure à 33 000 Euros.
Péché numéro six : l’Etat donne d’une main ce qu’il reprend de l’autre
Prenons un exemple, celui de projets ANRU. Non seulement, les engagements pris devraient être tenus mais de nouveaux projets devraient être soutenus. Ce n’est pas le cas. Partout dans les villes concernées, les Maires s’inquiètent du non-respect de la parole de l’Etat. L’ANRU s’interroge sur le maintien de tous les quartiers envisagés initialement. Or l’ANRU (agence nationale pour la rénovation urbaine), ce sont des millions d’Euros qui doivent être investis dans les quartiers en difficultés. Ces mêmes quartiers où le chômage explosent (+ de 50%) et même parfois 100%chez les jeunes ! Ce serait incroyable que l’on annonce de nouveaux investissements partout en France que, dans les quartiers les plus en difficultés l’Etat les abandonne à nouveaux !
Dans le département de monsieur Devedjian, le Conseil général des Hauts-de-Seine a annoncé aux communes que certaines subventions initialement prévues dans le cadre des conventions l’ANRU ne seraient pas versées ! C’est le ministre de la relance lui-même qui donne le mauvais exemple en donnant d’une main et en reprenant de l’autre !
On peut d’ailleurs se demander ce qu’est devenu la fameuse RGPP ?
Péché numéro sept : l’autosatisfaction !
Nous avons bien écouté le président de la République. Rien ne permet de dire qu’il a entendu ce qui se passe dans le pays. Rien ne permet de dire qu’il a mesuré les insuffisances du plan de relance français. Rien ne laisse présager que les mauvais choix économiques du gouvernement depuis 2007 vont être corrigés. Bref, l’autosatisfaction règne au plus haut niveau.

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